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LMIA au Canada : c’est quoi et comment ça marche pour les employeurs

Le LMIA (Labour Market Impact Assessment), ou EIMT en français (Étude d’impact sur le marché du travail), reste en 2026 une étape centrale pour tout employeur canadien souhaitant embaucher un travailleur étranger. Les règles ont sensiblement évolué cette année, avec de nouvelles exigences de recrutement et des seuils salariaux actualisés. Voici comment le processus LMIA fonctionne concrètement.

Le LMIA, une preuve de besoin réel sur le marché du travail

Le LMIA est un document délivré par Emploi et Développement social Canada (EDSC), qui évalue si l’embauche d’un travailleur étranger comblera un besoin authentique du marché du travail, sans nuire aux opportunités des travailleurs canadiens ou résidents permanents déjà disponibles. Un LMIA positif est généralement une condition préalable pour qu’un employeur puisse recruter à l’étranger, et pour que le travailleur concerné obtienne son permis de travail — un permis dont les grandes catégories sont détaillées dans notre article sur le Permis de Travail Canada 2026.

LMIA Canada : deux flux distincts selon le niveau de salaire

Depuis plusieurs années, le programme distingue deux catégories selon que le salaire offert se situe au-dessus ou en dessous du salaire médian horaire provincial ou territorial :

  • Flux à hauts salaires : pour les postes rémunérés au-dessus du seuil médian de la province ;
  • Flux à bas salaires : pour les postes rémunérés en dessous de ce seuil, soumis à des règles plus strictes en matière de recrutement local.

Ces seuils salariaux ont été réactualisés le 17 juillet 2026 — un point de vigilance essentiel, puisque toute demande de LMIA basée sur d’anciens taux risque d’être mal classée ou rejetée. Vérifier le taux en vigueur pour sa province avant même de lancer le processus de publicité du poste reste donc la première étape à ne pas négliger.

Les nouvelles exigences de recrutement (avril 2026)

Un changement notable est entré en vigueur en avril 2026 pour le flux à bas salaires : les employeurs doivent désormais publier le poste pendant au moins 8 semaines consécutives dans les 3 mois précédant le dépôt de la demande, et cibler spécifiquement les jeunes de 15 à 30 ans dans leurs efforts de recrutement. Cette exigence renforcée vise à s’assurer que les employeurs ont réellement épuisé les bassins de main-d’œuvre locale, en particulier chez les jeunes travailleurs, avant de se tourner vers le recrutement international.

Les étapes du processus LMIA, dans les grandes lignes

  1. Vérifier le seuil salarial applicable dans sa province pour déterminer le flux concerné (hauts ou bas salaires) ;
  2. Publier l’offre d’emploi selon les exigences en vigueur (durée minimale, plateformes de diffusion, ciblage spécifique pour le flux à bas salaires) ;
  3. Documenter les efforts de recrutement, y compris le nombre de candidatures reçues et les raisons pour lesquelles les candidats locaux n’ont pas été retenus ;
  4. Soumettre la demande de LMIA à EDSC, avec les frais applicables et l’ensemble des pièces justificatives ;
  5. Obtenir la décision — un LMIA positif permet ensuite au travailleur étranger visé de déposer sa demande de permis de travail auprès d’IRCC.

Les obligations de conformité après l’approbation du LMIA

Obtenir un LMIA positif n’est pas la fin du processus pour l’employeur. Une fois le travailleur embauché, plusieurs obligations doivent être respectées en continu :

  • Verser le salaire offert tel que déclaré dans la demande ;
  • Fournir les avantages sociaux promis ;
  • Respecter les heures de travail convenues ;
  • Conserver les dossiers pendant 6 ans (contrats, feuilles de temps, bulletins de paie) ;
  • Coopérer à toute inspection de conformité menée par les autorités.

Le non-respect de ces obligations peut entraîner des sanctions allant de l’amende à l’interdiction temporaire ou permanente de recourir au programme.

Les erreurs les plus fréquentes à éviter avec le LMIA

  • Publier une description de poste générique, qui ne correspond pas précisément aux fonctions et exigences déclarées dans la demande de LMIA ;
  • Ignorer les nouvelles exigences de recrutement du flux à bas salaires (durée de 8 semaines, ciblage des 15-30 ans) ;
  • Offrir un salaire inférieur au salaire prévalant pour le poste et la région concernés ;
  • Mal tenir ses dossiers de conformité (feuilles de temps, paie, description réelle des fonctions), ce qui expose l’employeur en cas d’inspection — un piège qui rejoint d’ailleurs les erreurs recensées côté candidats dans notre article sur l’immigration Canada 2026 et la priorité aux métiers en pénurie.

Ce qu’il faut retenir

Le LMIA reste en 2026 un processus exigeant mais structuré, avec des règles qui évoluent régulièrement — les changements d’avril et juillet 2026 en sont un bon exemple. Pour un employeur, la meilleure approche consiste à vérifier systématiquement les seuils salariaux et exigences de recrutement en vigueur au moment du dépôt, plutôt que de se fier à des informations datant de plusieurs mois, et à documenter rigoureusement chaque étape pour rester en conformité une fois le travailleur en poste. Pour les détails officiels et les seuils à jour, consultez la page d’Emploi et Développement social Canada sur le Programme des travailleurs étrangers temporaires.

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